



| Tribune de MAM dans Le Figaro du lundi 23 août | Envoyer |
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La sécurité est au cœur de l’actualité de l’été, avec le rappel ferme par le Président de la République de son refus de la violence, de la violation du droit de propriété, des trafics divers, des agressions contre les forces de l’ordre. On est souvent surpris des commentaires et polémiques sur une évidence démocratique : la loi doit être respectée par tous, sa violation doit être sanctionnée, la réitération de la violation prévenue et empêchée.
Si ces attaques relèvent souvent de la mauvaise foi politicienne banale ou de la provocation populiste de certains médias, elles sont aussi l’occasion de réfléchir sur les conditions de notre vie en commun, sur notre adhésion aux principes de la République, et sur nos comportements personnels. Les mises en cause de toute autorité et de tous ceux qui incarnent l’autorité se multiplient : injures, jets d’objets ou de pierres, voire tir à l’arme de guerre contre les policiers ou les gendarmes, mais aussi agressions contre les conducteurs de bus qui y symbolisent pour certains l’autorité. Certes, ces comportements sont très minoritaires, mais ils se banalisent. D’où la nécessité à la fois de sanctionner mais aussi d’expliquer et de démontrer la nécessité des règles qui empêchent que règne la seule loi du plus fort. Mais la contestation de l’autorité n’est pas l’apanage des cités. Paradoxalement, elle est aussi le fait de certaines élites, qui par démagogie, populisme ou égoïsme contestent, qui l’autorité de la loi, qui celle des institutions, qui le Président de la République. Comment expliquer à ces jeunes de quartiers difficiles le respect du à la loi et à la police quand un bâtonnier appelle à la désobéissance civile contre un texte qui lui déplait, quand tel artiste au nom de sa « créativité », incite ses fans au meurtre de policiers, quand tel patron de presse pour doper ses ventes ne trouve meilleure une qu’une insulte au Président de la République, quand tel député compare l’évacuation par les forces de l’ordre d’une propriété occupée illégalement, aux rafles sous l’Occupation. Au-delà de l’outrance, je vois dans toutes ces attitudes l’oubli des fondements mêmes du pacte républicain. En France, la loi doit être respectée par chacun, quelle que soit son origine, sa religion, son statut social : la propriété est protégée par la loi. Cette réalité s’impose aux gens du voyage comme à tout citoyen. La dignité des femmes est garantie par la Constitution quelle que soit la religion ou la coutume du pays d’origine d’où l’interdiction de l’excision et du voile intégral. La protection sociale est assurée sur des critères identiques, d’où la lutte contre les fraudeurs qui détournent des prestations à leur profit, mais au détriment de ceux qui en ont besoin et de ceux qui cotisent. Garantir l’application républicaine de la loi, implique le respect de ceux qui ont en charge sa mise en œuvre : police, justice, mais plus largement Parlement, Gouvernement, et a fortiori Président de la République. Ce qui affaiblit l’autorité de l’une ou l’autre de ces institutions affaiblit la République. Le respect des institutions c’est aussi le respect de ceux qui les incarnent. Vivre ensemble, c’est respecter les règles de la société, c’est aussi savoir respecter l’autre, qu’il soit simple citoyen, ministre ou Président de la République. Ce respect de l’autre, c’est l’éthique de la politique, c’est l’éthique de la République. |