



| Libération : MAM pousse le gaullisme à l'abri de son Chêne |
|
Donnée cent fois exclue du gouvernement au motif que Nicolas Sarkozy la jugerait, selon son entourage, tantôt «nulle» , tantôt «ringarde», la ministre de l’Intérieur aborde l’année 2009 en grande forme. Non content de lui laisser les clés de la place Beauvau, Nicolas Sarkozy serait prêt à lui confier une vice-présidence de l’UMP. Et hier soir, à l’Assemblée nationale, les dirigeants de la majorité ont rendu un hommage politique inattendu à l’ex-patronne du RPR, première française à accéder, en 1999, à la tête d’un grand parti. Le Premier ministre, François Fillon, et l’un de ses prédécesseurs, Jean-Pierre Raffarin ; les secrétaires généraux de l’Elysée, Claude Guéant, et de l’UMP, Xavier Bertrand, ainsi que le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, étaient annoncés à la soirée de débat du Chêne, club fondé par MAM pour «incarner le courant gaulliste au sein de l’UMP». «Ethique, morale et politique» dans l’économie et les relations internationales : le thème retenu illustre, assure la ministre, l’ambition de favoriser «la confrontation des points de vue à l’UMP».A Royan (Charente-Maritime), lors de l’université d’été de l’UMP, elle avait publiquement contredit l’autosatisfaction des dirigeants du parti en affirmant que les militants étaient en manque de «chef visible». Aujourd’hui, MAM persiste : après l’élection présidentielle, les militants auraient traversé une sorte de «déprime post-partum». Ils ont besoin, assure la ministre, «de protection et de maternage». Des soins que Patrick Devedjian n’était manifestement pas disposé à prodiguer. MAM ne confirme pas que la vice-présidence du parti lui a été proposée. Elle se contente d’assurer que ses relations avec le chef de l’Etat n’ont «rien à voir» avec ce qu’en racontent les entourages. «Ah, soupire-t-elle, si tous ceux qui ont annoncé que j’étais virée me donnaient la bouteille de Dom Pérignon qu’ils me doivent…» ALAIN AUFFRAY |