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Le Post : Le Chêne nu et puissant

On n'y a pas développé des idées furieusement révolutionnaires, ça tombe bien, on n'y venait pas faire la révolution. Même si c'en est une petite que de voir renaître de ses cendres une forme nouvelle de gaullisme. Laurence Parisot, Jean-Claude Mailly, Guillaume Pépy, Colette Neuville représentaient la société civile. Xavier Bertrand, embarrassé par sa position de premier ministrable, n'a pas fait durer le plaisir... Claude Guéant s'est montré patelin, ondoyant, avec le charme cardinalesque qu'on lui connaît et le sens de l'onction. Jean-Louis Borloo et François Fillon en invités vedettes, pas mal pour un courant de pensée qui démarre.

Car comment ne pas penser au RPF ? Des chefs en déshérence, d'anciens ministres, ici Nicole Guedj, abimée dans une tristesse sans nom, ou Jean-Paul Delevoye, se rassemblent pour provoquer quelque chose. Au début des années cinquante, la IVème République montre déjà ses limites. Les années 2000 marquent la fin d'une Vème aux abois. Et Michèle Alliot-Marie, qui laisse un souvenir ému chez les militaires qui rigolent ouvertement d'Hervé Morin et de ses costumes taillés toujours trop grands, se verrait bien dans cette position de recours. A-t-elle l'espace pour cela, on peut en douter à loisir, mais à voir la chose grandir, on peut rêver, au Chêne.

Au Chêne, où c'est aussi le triomphe hyper-discret d'un homme qui n'a jamais fait parler de lui, Michaël Bullara. De tous les secrétaires généraux à la jeunesse du défunt RPR, c'est sans nul doute celui qui, avec la constance du coureur de fond, dépassera tous les autres. Le dos droit, le sourire convenu de celui qui sait qu'il a réussi un coup, à l'aise, parlant bas à ses ouailles, dans l'ombre mais se laissant photographier sans gêne excessive, le secrétaire général du Chêne a gagné ses galons d'aide de camp du général en campagne. Celui qui dit en off qu'on n'a pas d'amis en politique, doit être assez heureux en ce moment, de s'être martelé cette maxime, pour ne pas tomber dans l'affect qui détruit la colonne vertébrale du sarkozysme.

 

Raphaël Ader