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LCI : Interview de Michèle Alliot-Marie par Christophe Barbier

Christophe BARBIER

Michèle ALLIOT-MARIE, bonjour.

Michèle ALLIOT-MARIE

Bonjour.

Christophe BARBIER

300 manifestants interpellés samedi à Strasbourg, après les violences de la journée. Une trentaine seulement encore en garde à vue, et 12 comparutions immédiates aujourd’hui. N’avez-vous pas laissé filer les principaux coupables ? … Ou l’essentiel de ceux qu’on a vus sur les images ?

Michèle ALLIOT-MARIE

D’abord, ce que je veux dire, c’est qu’il faut saluer le travail des forces de l’ordre…

Christophe BARBIER

Tout le monde ne le salue pas.

Michèle ALLIOT-MARIE

Oui, mais attendez, elles avaient trois missions : permettre que ce sommet se déroule, dans les meilleures conditions, cela a été le cas, tout le monde, le reconnaît. Deuxièmement protéger les habitants, protéger les personnes, et je vous ferais remarquer qu’il n’y a pas eu de blessés. Nous avons protégé les personnes. Troisièmement, permettre que la liberté de manifestation existe et il y a eu la manifestation même si elle a été perturbée, par un certain nombre de violence. Alors certes, les forces de l’ordre n’ont pas pu tout empêcher et il y a de la violence, et je comprends tout à fait, le traumatisme des habitants, de certains quartiers qui ont vu, un hôtel incendié, deux pharmacies attaquées, une station-service et un ancien bâtiment des douanes. Ca, je le comprends, aussi, tout à fait. Mais il faut bien voir, à quoi se sont heurtées les forces de l’ordre ? A 1500 à 2000 personnes venant de toute l’Europe, repérées par les polices des différents pays comme étant des gens qui sont des casseurs, qui sont des violents, qui sont des anarchistes prônant la violence. Je l’avais d’ailleurs dit avant. Tous les sommets de l’OTAN en particulier, font l’objet de violence inouïe.

Christophe BARBIER

2000 casseurs et seulement une trentaine encore en garde à vue, et ils sont passés entre les mailles du filet ?

Michèle ALLIOT-MARIE

Non, ce qui se passe et qu’il faut bien voir, c’est que ce sont des petits groupes, des groupes d’une dizaine ou d’une quinzaine de personnes, qui sont très dispersés qui vont très vite, et ensuite qui filent, qui se dispersent extrêmement vite. Et nous sommes obligés de faire très attention, aussi, à ce qu’il y ait une retenue, parce que vous savez les mêmes qui aujourd’hui, s’étonnent d’un certain nombre de violence, sont exactement ceux qui dès que la police intervient un peu fermement, y compris, sur ceux-là, sont prêts à toutes les indignations. Et moi, ce que je voulais, c’est qu’il n’y ait pas comme malheureusement cela s’est produit autrefois, de mort ou de blessé.

Christophe BARBIER

Vous souhaitez des sanctions très sévères contre ceux qui ont été interpellés, pour dissuader les autres la prochaine fois ?

Michèle ALLIOT-MARIE

Bien entendu, ils ont été interpellés, ils sont déférés à la justice, et ce que je souhaite, c’est qu’il y ait des sanctions extrêmement sévères contre eux, parce que c’est aussi, un exemple, il faut que ce soit dissuasif, et puis je pense que c’est la moindre des choses, par rapport aux habitants qui ont été traumatisés. Alors de ce point de vue, ce que je voudrais dire aussi, c’est que comme l’a annoncé le président de la République, il est évidement, qu’il y aura des indemnisations…

Christophe BARBIER

L’Etat paiera les reconstructions ?

Michèle ALLIOT-MARIE

Mais bien entendu, il y aura des indemnisations, il y a tout un système d’indemnisations qui est prévu. D’ailleurs le préfet dès samedi soir, l’a annoncé, et a annoncé aussi, qu’il recevrait les habitants, qui ont éventuellement perdu quelques choses, pour mettre en place ces indemnisations.

Christophe BARBIER

Le maire considère que le quartier, en question, a été sacrifié. C'est-à-dire que la première mission « protéger le sommet » donc le centre ville, a amené à sacrifier ce quartier qui est plus déshérité ?

Michèle ALLIOT-MARIE

Ecoutez, monsieur RIES était avec moi, lorsque j’ai visité le dispositif lundi dernier. Et il m’a dit que ce dispositif lui semblait parfaitement adapté. D’ailleurs je note que samedi soir, sur une des chaînes de la vôtre, il a dit aussi, ses remerciements, sa satisfaction du travail qui avait été accompli par les forces de l’ordre.

Christophe BARBIER

Qu’est-ce qui s’est passé alors ?

Michèle ALLIOT-MARIE

Je pense que monsieur RIES qui est socialiste, et repartit un peu, je ne peux que le déplorer, vers la politique politicienne. Mais je tiens à dire une chose, effectivement, il y aura des indemnisations et si ce quartier est sacrifié, ce n’est pas du fait de l’OTAN qu’il est sacrifié, s’il y a des difficultés dans ce quartier, elles existaient bien avant le sommet de l’OTAN. Alors que monsieur RIES essaie maintenant de récupérer le plus possible, je dirais que je peux le comprendre, mais enfin, il ne faut pas non plus exagéré en la matière. Et il ne faut surtout pas, mettre en cause les forces de l’ordre, qui encore une fois, dans des conditions extrêmement difficiles et je voudrais que chacun le reconnaisse, ont permis de protéger les personnes. Ont permis de limiter les dégâts aussi.

Christophe BARBIER

C’est légitime et cohérent qu’on dérape, les violences étaient prévisibles, c’est Olivier BESANCENOT qui déclare ça. Que lui répondez-vous ?

Michèle ALLIOT-MARIE

Je dis que c’est scandaleux. Et que monsieur BESANCENOT, doit savoir que les violences ne font pas parties du dialogue démocratique. Alors il faut un jour ou l’autre, savoir si on se place du côté, de la démocratie, de l’expression de ses idées et c’est tout à fait normal dans un cadre démocratique. Et moi, qui suit en charge aussi, de la protection des libertés publiques, je fais tout ce que je peux, y compris en aidant à ce que les manifestations se passent au mieux pour les manifestants eux-mêmes. Mais on n’a pas le droit de s’exprimer par la violence et il est évident que ceux qui font des actes de violence seront toujours recherchés, poursuivis et je l’espère sévèrement sanctionnés.

Christophe BARBIER

L’allusion est claire, maintenir Julien COUPAT, en prison, tenir une ligne dure comme vous le faites, contre les militants d’extrême gauche, c’est de la provocation, voilà ce qu’on vous reproche ?

Michèle ALLIOT-MARIE

Je crois surtout, j’ai annoncé depuis des années, qu’effectivement avec la disparition ou l’affaiblissement considérable des parties extrêmes, notamment du Parti communiste, on voyait réapparaître des groupuscules, extrêmement violents, qui dénient toute action démocratique. Qui refusent de s’inscrire dans des voies démocratiques. Nous en sommes là ! Et moi, j’aimerai bien, que l’indignation au lieu de se porter contre les forces de l’ordre, se porte contre ceux-là, qui comme certains le disaient sur certaines chaînes ce matin, ne sont là que pour détruire la société, le mot a été employé par l’un d’entre eux qui était interviewé et donc pour commettre des violences et finalement pour pénaliser dans la société, qui ? D’abord les plus fragiles.

Christophe BARBIER

Alors vous étiez en Corse, hier, après les incidents de samedi qui ont blessé 70 policiers. Est-ce que sur place les forces de l’ordre ont été débordées par un mouvement prémédité, organisé ? On a vu surtout des jeunes.

Michèle ALLIOT-MARIE

Ce mouvement était effectivement, très organisé, avec un système de guérilla urbaine. Les forces de l’ordre n’ont pas été débordées, elles ont fait preuve de beaucoup de courage, de beaucoup de sang froid de beaucoup de retenues, aussi, qui a fait que quand il y a eu des blessés, les blessés ont été du côté du côté de force de l’ordre…

Christophe BARBIER

Mais personne n’a été interpellé, tout le monde a pu fuir ?

Michèle ALLIOT-MARIE

Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’est pas question de laisser ce type d’acte impuni, nous avons récupéré un certain nombre d’images et un certain nombre d’éléments, notamment sur les gros boulons, sur les boules de pétanque, sur les boules d’acier qu’ils ont lancé contre les policiers, sur les explosifs qu’ils ont lancé sur les policiers et à partir de là, les enquêtes vont nous permettre de déterminer et d’interpeller. Mais ce que je veux dire, c’est qu’effectivement on a vu devant des très jeunes, mais la réalité, c’est que c’est très jeunes, par portable, notamment ou par porte-voix étaient encouragés ou dirigés par des plus âgés. Qui étaient suffisamment lâches pour mettre devant des plus jeunes, sans doute, en espérant, parce qu’on voit bien leur dessein qu’il pourrait y avoir des blessés ou des bavures de la part des policiers, et à ce moment-là fédérer des gens. Ce sont finalement que de tous petits groupes qui plus ils sont affaiblis sur le plan politique, plus ils sont violents, qui essaient d’agir ainsi, mais la population et je l’ai constaté, hier, en me promenant dans les rues de Bastia, de part les témoignages que j’ai reçus, la population a bien compris leur jeu et ne l’admet pas. Quand vous voyez écrit, sur des murs, « les Français dans les fours » faisant allusion au four crématoire, vous voyez bien ce que sont les gens qui sont derrières ces actions.