



| Gala : Le petit monde de Michèle Alliot-Marie |
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Sa mère, ce héros. « Ma mère, un tempérament fort ? C’est le moins que l’on puisse dire ! Pendant la guerre, elle transmettait clandestinement aux aviateurs britanniques des messages qu’elle cachait dans les plis de son chemisier. Elle nous a toujours dit, à ma sœur et à moi, qu’il ne fallait jamais dépendre de son mari, et nous a incitées à travailler au moins une année avant d’épouser quelqu’un. Nous devions être capables de faire ce que les hommes faisaient, sans négliger les activités typiquement féminines. Je me suis ainsi spécialisée dans la broderie au petit point. J’aimais en faire, notamment dans l’attente des résultats des examens lorsque tous mes camarades étaient en transe ! C’était un peu une provocation… Lorsqu’elle a eu fini de nous élever, ma mère a repris l’entreprise familiale, une fabrique d’isolants électroniques, un domaine qui n’était pas spécialement féminin. » La Politique à l’Insu de son plein gré « Mon père fut certes député-maire, mais à la maison, comme il était directeur du contentieux à la Banque de France et arbitre international de rugby, j’entendais plutôt parler de droit ou de sport. Il s’était engagé en politique, au grand dam de ma mère. Entre elle et le général de Gaulle, c’est le second qui l’a emporté ! Je me méfiais donc de ce milieu, même si j’aimais travailler au cabinet d’Edgar Faure. E 1978, je préparais ma seconde thèse, mon père m’a appelée car son équipe se déchirait sur le choix de son suppléant. Il m’a donné une demi-heure pour me décider. C’était un défini, il n’y avait pas de femme en politique au Pays basque à l’époque. J’ai accepté. » Patrick « Nous avons caché notre histoire pendant plus de dix minutes – ne mettant qu’une poignée de gens, dont Jacques Chaban Delmas, dans la confidence – car dès le départ, en 1988, j’étais persuadée que cela allait le gêner dans sa carrière. Et je ne me suis pas trompée ! Patrick (Ollier, député-maire de Rueil-Malmaison, ndlr) est pourtant, de l’avis de beaucoup, l’un des parlementaires qui a le plus de talent, de solidité, de conviction. Nous étions convenus de révéler notre histoire en nous embrassant sur les marches de l’Elysée une fois qu’il serait ministre. Mais un jour mon neveu m’a téléphoné en me disant : « Méfie-toi, il y a un photographe caché dans l’arbre juste en face de chez toi. » Le fait que ma présence dans un gouvernement l’empêche d’y accéder est parfaitement injuste et vieux jeu. Il faut du courage pour surmonter le choix de ses ambitions. Je ne dis pas que Patrick n’a pas un pincement au cœur à chaque fois que l’on annonce la formation d’un gouvernement… Mais il a tenu bon et cela renforce notre relation. Je crois qu’il faut beaucoup d’amour pour y arriver. ». Les enfants « Les circonstances ont fait que je n’ai pas eu d’enfants, c’est comme cela. Mais la famille est très importante pour moi. J’essaie, sans mélanger les choses, de remplacer la maman de mes neveux (elle a perdu sa sœur en 2004, décédée des suites d’une sclérose en plaques, ndlr). Former un clan est aussi une façon de se protéger ce qui est important en politique. Je travaille d’ailleurs avec ma nièce, Ludivine. Je l’ai choisie avant tout pour ses compétences. D’ailleurs plusieurs ministres ont déjà essayé de la débauche ! Et puis elle me connait bien. Elle réagit un peu comme moi, écrit comme moi. Elle est enfin capable de me dire les choses de manière plus crue que certains de mes plus anciens collaborateurs. J’ai autour de moi des gens qui ne me laissent pas prendre la grosse tête. » Sa bande people « Fin juillet 2000, nous nous demandions, au dernier moment comme toujours, où partir en vacances. Un ami m’a parlé de Djerba, j’y ai rencontré des gens très sympathiques, qui travaillaient dans différents milieux : médecine, tourisme, show biz. Parmi eux, Daniela Lumbroso et Elie Semoun. Nous avons pris l’habitude de nous retrouver sur la place du village, parmi les habitants, pour y faire des parties de belote. Un jeu que j’adore depuis mon enfance. Avec ma sœur, chez l’une de mes grands-mères, nous nous cachions sous les draps pour y jouer en secret, à l’heure de la sieste. Depuis cette rencontre avec « la bande » nous partons en vacances ensemble chaque année. L’été dernier, ils ont été chics : comme je ne pouvais pas quitter le territoire. Ils m’ont rejointe à Antibes, lieu que j’avais choisi pour n’être pas loin, le cas échéant, des incendies de forêt. Il n’y en a eu aucun cette année dans cette région, mais une tornade a ravagé le Nord ! » A la recherche de l’Arche Perdue. « Je suis passionnée d’archéologie. A un moment, j’ai même songé, lorsque j’étais étudiante, en faire mon métier jusqu’à ce que l’un de mes professeurs m’explique qu’il n’y avait aucun débouché dans ce domaine. Lorsque je n’étais pas encore ministre de l’Intérieur et que je pouvais m’éloigner de la France, je partais fouiller dans le Sud tunisien – où il y a quelques sites romains – dans les îles grecques ou sur la côte turque. J’ai trouvé notamment quelques fragments de céramiques. Il n’y a rien de tel que d’être avec n petit pinceau en train de nettoyer la terre pour oublier l’actualité ! » Propos recueillis par Candice Nedelec. |